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Question 38 année 2013

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Question 38 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 19:58

Question n° 38 :
Quelles actions l’entreprise peut elle mettre en œuvre pour diminuer son besoin en fonds de roulement ?.
La question prend une acuité particulière dans la conjoncture déprimée que traverse l’Europe, qui voit une multiplication des défaillances d’entreprises (en Italie, en France,…).
Or ces défaillances ont deux causes principales : une crise de rentabilité (due à un effet de ciseau entre baisse de l’activité et conséquemment du Ca et rigidité des charges fixes) ou bien une crise de liquidité. Cette seconde situation se produit lorsqu’une entreprise subit des délais de paiement clients trop long voire un impayé et que sa trésorerie ne lui permet plus de payer ses approvisionnements ou bien ses charges obligatoires (fiscales et sociales).
Dans une 1ère partie nous expliciterons comment se détermine le besoin de trésorerie de l’entreprise, appelé BFR, puis dans une deuxième partie les actions que l’entreprise peut mettre en œuvre pour le « maîtriser ».
I – Définition du BFR
1 – les composantes du BFR
Lorsque que on prend le bilan d’une entreprise découpé en grandes masses, le BFR se calcule par la différence entre ses actifs d’exploitation et ses ressources d’exploitation :
• dans les premiers, on range les stocks de matières premières, de marchandises, les créances sur la clientèle,
• dans les secondes, les dettes fournisseurs, sociales et fiscales.
2 – Evolution du BFR
Le BFR est positif lorsque les besoins nécessaires au financement des emplois à CT excédent les ressources procurées par les délais des dettes à CT.
Certaines activités connaissent un BFR structurellement négatifs, la grande distribution par exemple = le règlement est immédiat et elle disposent de délais de règlement des fournisseurs importants.
Sur la durée d’un exercice, le BFR est rarement statique : il évolue en fonction des étapes du cycle d’exploitation :
• en phase de stockage, besoins nuls voire trésorerie excédentaire, grâce aux délais fournisseurs,
• en phase fabrication, besoins croissants en lien avec le règlement des fournisseurs et de la main d’œuvre,
• en phase de commercialisation, besoins stagnants dans l’attente des encaissements,
• en phase d’encaissements, besoins décroissants .
3 – Appréciation du BFR
2 ratios sont utiles pour apprécier le niveau du BFR :
• BFR / CA HT X 360 : valeur dont il faut surveiller l’évolution d’un exercice à l’autre et comparer avec d’autres entreprises du même secteur d’activité,
• le calcul de l’ETE (Excédent de trésorerie d’exploitation) = EBE – production immobilisée – variation de BFR, qui permet de vérifier que la rentabilité dégagée par l’exploitation couvre son BFR supplémentaire et permet ensuite de financer les investissements productifs.
Avec le calcul de l’ETE , l’enjeu de la maîtrise du BFR est évident : pour l’entreprise, c’est s’assurer qu’elle aura les moyens de payer ses dettes d’exploitations et de renouveler voire développer ses moyens de production
II – Les leviers à disposition de l’entreprise pour maîtriser son BFR
1 – la gestion du poste client :
Mieux négocier les délais de paiement accordés à la clientèle est le levier le plus évident : mais la nature de la clientèle( état, grande distribution,…) avec laquelle l’entreprise traite détermine bien souvent un rapport de force difficile à inverser ; une politique commerciale de conquête à l’export ou de défense de ses parts de marché sur le marché intérieur peut également amener à accorder des facilités de paiement.
Au final, dans ce domaine, l’entreprise en est bien souvent réduite à essayer de faire respecter les délais de paiement convenus :
- ou bien par l’organisation de relances,
- ou bien en déléguant la gestion de ses factures à un factor, mieux outillé pour apprécier la solvabilité de sa clientèle et faire respecter les délais de paiement.
2 – la politique d’achat :
2 questions doivent être posées :
- quelle est la marge de négociation sur les prix : le rapport de force client / fournisseur entre en ligne de compte, les quantités achetées également, mais bien souvent le prix d’achat est imposé par le marché (cf marché des matières 1ères) et le chef d’entreprise n’est que spectateur de l’évolution des prix et devra même chercher à se prémunir contre les évolutions erratiques de cours (en constituant des provisions) ;
- quelle est a marge de négociation sur les délais de règlement : à nouveau, la réponse dépend du rapport de force client/fournisseur.
Au final, l’entreprise aura vraiment la main sur le niveau de ses stocks et on surveillera l’évolution de la « vitesse de rotation des stocks » :
• stocks de matières 1ères et encours moyen / achat de matières 1ères x 360,
• stocks de marchandises moyens / achat de marchandises x 360.
3 – la politique de production :
Le choix que fait l’entreprise d’externaliser ou pas une partie de sa production a un fort impact sur le BFR. Dans le cas d’une production fortement intégrée, les BFR sont importants du fait du niveau des stocks de la main d’œuvre nécessaire au cycle de production. A l’inverse, en sous-traitant une partie de sa fabrication, elle va se délester d’une partie de ses besoins de stock et de main d’œuvre.
Conlusion
La recherche d’une diminution du BFRE à tout prix peut être préjudiciable pour l’activité d’une entreprise dans le sens ou en limitant ses stocks ou ses encours clients, elle va brider sa croissance et sa rentabilité. Aussi, le dirigeant d’entreprise aura également intérêt à travailler sur les moyens de financer au mieux son BFR : ou bien en renforçant ses ressources structurelles ou bien en négociant avec son banquier le coût de ses financements courts termes.
Dans le 1er cas, 3 niveaux d’action : au niveau de ses capitaux propres par augmentation du capital social ou mise en réserve des résultats (et donc moindre distribution de dividendes), au niveau des capitaux permanents par apport en compte courant par les associés, ou encore, au niveau des dettes MT, lors d’investissement, faire appel d’avantage appel au financement bancaire et moins à l‘autofinancement. Ainsi, en procurant davantage de ressources stables à l’entreprise, l’excédent de ces ressources stables sur les emplois stables (= les immobilisations), appelés fonds de roulement, contribue à couvrir tout ou partie du BFR.
Dans le 2è cas, le levier est la trésorerie passive. Mais là, le contexte règlementaire amène les banques à chercher à alléger leur bilan et donc à octroyer moins de crédit, la situation conjoncturelle les pousse à se montrer plus sélective.


anthony.moulin

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Date d'inscription : 20/11/2013

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