Question 42 année 2013

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Question 42 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:00

Sujet 42 : Quels critères vous paraissent-ils clés pour permettre le succès d’un investissement par une entreprise ?
Intro :
L’investissement est une accumulation de capital considérée comme une condition de la croissance économique.
Les dépenses liées à l’investissement sont destinées à accroître les revenus futurs des entreprises ou à réaliser des économies. L’investissement doit être rentable à plus ou moins court terme. Il permet à l’entreprise de conserver son niveau de compétitivité et à l’améliorer face à la concurrence.
Les investissements peuvent avoir plusieurs objectifs :
- Investissement de renouvellement (remplacement de matériel vétuste)
- Investissements de productivité (produire plus sans augmenter les facteurs de production. Ex : formation du personnel, R&D)
- investissements de croissance ou de développement (pour accroître la capacité de la production. Ex : achat d’une nouvelle machine pour augmenter la capacité de production).
- Investissement d’innovation (ouvrir de nouvelles pistes de développement par l’innovation)
Et plusieurs natures :
- Investissements corporels (terrain, bâtiments, machines…)
- Investissements financiers (titres de participation ou de créance…)
- Investissements incorporels (brevets, FdeC…)
L’investissement doit être adapté aux réalités du marché et constituer un réel apport pour l’entreprise. De plus, il peut être financé de différentes façons : emprunts et/ou autofinancement et/ou apport en capital des actionnaires (avec potentiellement ouverture du capital).
L’investissement n’est donc pas réalisé par hasard mais avec méthode.
I) Les paramètres économiques et humains
Le marché :
- Politique économique en vigueur favorables ? (coût du travail, risque d’inflation, fiscalité stimulante, rigueur, relance ?)
- Taux d’intérêts : variable essentielle. Trop élevé, il rend impossible l’investissement même dans des projets a priori rentables
- La concurrence (nombreuse ? évolution ? nationale ?)
L’entreprise :
- Les clients : qui sont-ils et quel est leur profil psychosociologique ? Anticipation de la demande ?
- intensité capitalistique constaté sur le marché (importance des immobilisations dans le processus de production ?) et contraintes constatées (importance R&D par exemple)
- Positionnement concurrentiel de l’entreprise et croissance de marché (star, vache à lait, dilemmes, poids morts)
Les moyens humains :
- hommes clés de la décision (motivation), hommes clés techniques, pôle décisionnel, qualité des rapports sociaux?
II) Les paramètres financiers
Postulats de base :
- La trésorerie d’une entreprise sert à financer son cycle d’exploitation et pas des investissements à moyen-long termes.
- Un investissement doit générer un cash flow, d’où prévision de CA – charges décaissables > 0
Sachant cela, plusieurs critères financiers aideront à déterminer la pertinence d’un investissement :
Seuil de rentabilité prévisionnel :
Le coût de l’investissement financé par un emprunt bancaire va générer une hausse des coûts fixes pour l’entreprise. Il conviendra donc avant d’effectuer l’investissement de calculer un seuil de rentabilité prévisionnel (SR) :
SR = coûts fixes / taux de marge sur coût variable
Avec taux de marge sur coût variable = marge sur coût variable / CA x 100
Et marge sur coût variable = CA-Coût variable
Ce seuil de rentabilité détermine le CA que l’entreprise devra réaliser pour couvrir la totalité de ses charges et pour lequel elle ne dégagera ni bénéfice, ni perte.
Un investissement est rentable si les entrées de fonds sont supérieures aux sorties de fonds.
Rentabilité escomptée :
Afin d’éviter un effet ciseau (perte de rentabilité avec maintien ou augmentation des postes de charges), il conviendra de valider l’augmentation prévisionnelle de rentabilité engendrée par l’investissement (évolution du compte de résultat et des SIG).
A ce titre, si recours à l’emprunt, l’étude du ratio frais financiers / EBE (part des frais financiers supportés par l’EBE) pourra nous donner de précieuses indications quant à l’exposition de l’entreprise à l’endettement (en général, il doit être compris entre 30 et 50%).

Capacité d’autofinancement et emprunt :
La CAF permet d’apprécier la marge de manœuvre dont dispose l’entreprise pour faire face à ses besoins de financement. C’est un flux résiduel de trésorerie potentiel.
Les banquiers sont très attentifs à la capacité d’autofinancement d’une entreprise. La banque accordera un crédit à une entreprise si cette entreprise a une capacité d’autofinancement suffisante pour faire face au remboursement de ses emprunts existants et de ses nouveaux emprunts
Il est communément admis que la capacité de remboursement (l’endettement après investissement) ne doit en général pas excéder 4 fois la CAF.
De plus, l’annuité du nouvel emprunt devra impérativement être strictement inférieur à la CAF.

Politique d’amortissement et durée de l’emprunt :
Si recours à l’emprunt, la durée de ce dernier est calée sur les durées d’amortissement généralement constaté sur le type d’immobilisation concerné.
Structure de la trésorerie :
Comptablement, l’investissement est un flux de capital qui modifie le niveau des actifs immobilisés. Un investissement va donc modifier la structure du Fonds de Roulement (haut de bilan) et potentiellement du BFR.
Par définition, une augmentation des immobilisations est équilibrée par une augmentation des ressources stables (emprunt et/ou capitaux propres).
Il conviendra donc de déterminer l’impact de l’investissement sur la structure de haut de bilan à travers les indicateurs suivants :
Capacité d’endettement : ressources propres / dettes structurelles > 1 si possible avant et après l’opération. Un fort déséquilibre de ce ratio risquerait de se traduire par une insuffisance de FDR.
Le bon investissement devra, si possible, prendre en considération de manière directe ou prévisionnelle l’ensemble de ces éléments financiers. Ainsi, l’entreprise saura si
- l’hypothèse de l’investissement est pertinent en terme de rentabilité et de structure financière
- comment devra se répartir le financement de l’investissement entre les différents moyens d’action possibles (emprunts, autofiancement, augmentation de capital )
III) Les risques
Investissement inadéquat :
On parle de malinvestissement lorsque l’investissement est inadéquat : trop élevé (surinvestissement), trop faible (sousinvestissement), ou les deux à la fois ( mal orienté).
En terme de risque : renouvellement < productivité < croissance < innovation (classement de l’investissement du moins risqué au plus risqué).
Conclusion
Nous admettrons que 3 notions essentielles caractérisent un investissement :
- la notion de durée qui ressort de l’étalement dans le temps des investissements (amortissements),
- la notion de rendement et d’efficacité (combien, comment ?)
- la notion de risque qui ne doit jamais être écartée (marché favorable, exposition financière ?).
Comme nous l’avons vu, une approche méthodique par évaluation du marché, de l’entreprise et des principaux agrégats financiers peut prévenir grandement les risques et préciser les potentialités.
Hélas, investir, ou ne pas le faire, est toujours un pari sur l’avenir.
L’actualité récente (PSA par exemple) nous a montré qu’aucun critère, qu’il soit dicté par les gestionnaires les plus avisés ou les experts marketing les plus talentueux, ne peut garantir la réussite d’un investissement.


anthony.moulin

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Date d'inscription : 20/11/2013

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