Question 43 année 2013

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Question 43 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:01

N° 43 : Quel est le rôle de l’autofinancement dans la politique d’investissement et dans la politique financière de l’entreprise ?
Intro :

L’objectif d’une entreprise est d’assurer son développement et sa pérennité pour permettre de dégager du profit. En fonction de sa stratégie commerciale, elle doit définir sa politique d’investissement mais également la manière dont elle compte financer sa croissance (politique financière ou de financement).
Elle dispose de plusieurs sources de financement
- en externe le recours au tiers : les actionnaires et les banques
- en interne l’autofinancement, la cession d’immobilisation ou la mise en location d’actifs.

Nous définirons dans une première partie l’autofinancement avant de montrer qu’il fait partie prenante de la politique d’investissement et de la politique financière de l’entreprise.

I – Définition de l’autofinancement et ratios d’entreprise permettant de le mesurer
A – Définition
L’autofinancement peut être défini comme étant le «flux de fonds correspondant aux ressources internes dégagées par l’entreprise au cours de l’exercice». Il se calcule de la manière suivante : CAF – dividendes. L’autofinancement est ainsi la partie de la CAF résiduelle après rémunération des actionnaires de l’entreprise.

B- Ratios de l’entreprise
Comment mesurer l’autofinancement d’une entreprise à travers des ratios clés ?
Le notion d’indépendance financière vis-à-vis des tiers est calculé de la manière suivante :
K propres



K permanents
En effet, le recours à l’emprunt étant moins important, le ratio s’améliore. Un ratio supérieur à 50% témoigne d’un bon niveau de fonds propre. Mais ce ratio est à nuancer selon les caractéristiques de l’entreprise et celle du marché sur lequel elles opèrent : des entreprises créées récemment, ayant investit lourdement il y a peu de temps ou en vitesse de croisière l’indépendance financière ne sera pas analysée de la même manière.

Un autre ratio qui permet de visualiser la proportion d’autofinancement possible est le
Taux d’autofinancement : Épargne



Formation Brute de Capital Fixe
L’épargne disponible donne une idée sur la capacité de l’entreprise à autofinancer sa croissance.
Maintenant que nous avons précisé ce qu’est l’autofinancement, dans une seconde partie nous verrons comment l’autofinancement peut-être utilisé par les gérants de l’entreprise.

II – Rôle de l’autofinancement dans la politique d’investissement et de financement

L’investissement est une mobilisation de fonds sur une longue période dans l’objectif de dégager une rentabilité supérieure à la rentabilité initiale. L’investissement engage des ressources de l’entreprise sur plusieurs années, il doit être réfléchi et mesuré en fonction des conditions et des perspectives de marché.
Outre la politique d’investissement, l’entreprise doit choisir le mode de financement de ses investissements au travers de sa politique financière.

A – L’autofinancement d’un investissement doit être adapté en fonction du marché sur lequel se positionne l’entreprise et du niveau de risque de son activité :
Un entreprise de peut décider d’une politique d’investissement qu’après avoir fait une étude approfondie de son marché et des pratiques de la concurrence.
Comme le montre la matrice d’Arthur D.LITTLE ci-dessous, selon la dynamique du secteur et la position de l’entreprise en termes de parts de marché, les besoins en financement :
Secteurs
Secteur jeune
et en forte croissance Secteur mûr
et en faible croissance
Entreprise dominante I Forte rentabilité
+
Fort besoin d’investissement
=
Autofinancement Forte rentabilité III
+
Faible besoin d’investissement
=
Fort excédent de liquidité
Entreprise dominée II Faible rentabilité
+
Fort besoin d’investissement
=
Fort déficit en terme de liquidité Faible rentabilité IV
+
Faible besoin d’investissement
=
Autofinancement
Schéma 1 : La matrice d’Arthur D. LITTLE




D’autre part, l’entreprise doit estimer la partie de ses liquidités qu’elle doit conserver pour :
- faire face à des aléas économiques structurels ou conjoncturels (dotations aux provisions)
- renouveler ses immobilisations (dotations aux amortissements)
- avoir des disponibilités (épargne) en cas d’opportunités ou de besoin d’investissement rapides. En effet, l’autofinancement d’un investissement peut permettre une plus grande réactivité. ex : Opportunité foncière.
Nous avons vu que la stratégie d’investissement doit être réfléchie en fonction des conditions de marché. L’autofinancement est un levier à utiliser pour permettre de ne pas trop endetter la structure de manière à ce sa rentabilité lui permette de faire face à ses engagement auprès des établissements bancaires et des actionnaires. Mais par ailleurs, l’entreprise ne doit pas investir toutes ses réserves pour rester agile et viable en cas d’aléas économiques.

B – Politique financière : l’intérêt de l’autofinancement doit être apprécié en fonction du coût du capital
La politique financière d’une entreprise détermine ses choix quant au type de financement concernant de son cycle d’exploitation et de ses investissements.
Autofinancement et besoin en fond de roulement :
Dans le cas d’une entreprise en vitesse de croisière, l’autofinancement est régulièrement utilisé pour financer le besoin en fond de roulement du cycle d’exploitation. C’est-à-dire que son activité quotidienne doit lui permettre de financer sa trésorerie courante sans recours à un intermédiaire.
Selon son secteur d’activité, l’autofinancement ne suffit pas et l’entreprise peut notamment avoir recours à des crédits de trésorerie : ex cas des cycles de productions longs chantiers navals. Par ailleurs, lors d’un projet d’investissement destiné à développer son CA, le chef d’entreprise doit prendre soin d’examiner l’augmentation de BFR générée. Si l’autofinancement ne suffit pas, il doit intégrer le financement du BFR dans son business plan.

Rôle de l’autofinancement et rentabilité des fonds propres

Lorsqu’une entreprise qui dispose d’une CAF positive souhaite réaliser un investissement, l’entrepreneur doit comparer les différents modes de financement (internes ou externes) ainsi que leurs coûts de financement.
Coût de l’autofinancement = coût de la rémunération des fonds propres (dividendes).
Coût du financement externe = frais financiers – impact fiscal positif de la charge financière.
En effet : + de charges fi à – de RCAI à – d’IS
Ainsi si les actionnaires exigent une rentabilité de 5% et que les conditions du marché (prêts bancaires, marchés financiers) sont meilleures, l’entrepreneur n’a pas intérêt à autofinancer.

Lorsqu’une banque approche un projet de développement elle doit s’assurer que la CAF est suffisante pour faire face aux dotations aux amortissements (renouvellement des immobilisations anciennes) mais aussi aux nouvelles charges d’emprunt.
Cette approche purement économique est à nuancer car augmenter la proportion d’autofinancement permet à une entreprise de diminuer sa dépendance vis-à-vis des banques et des autres acteurs financiers.

Conclusion :
Le rôle de l’autofinancement est clé pour l’entreprise, il lui permet de :
- faire faire aux imprévus, aux crises et d’être réactif
- être autonome dans ses décisions (indépendance vis-à-vis des tiers)
- avoir un recours au financement externe fort utile lors d’une période de crédit crunch
L’autofinancement doit cependant être utilisé avec vigilance pour ne pas déstructurer le bilan ni dégrader la trésorerie de l’entreprise.
Ouverture : Comment financer son BFR ? Structure du bilan des entreprises/banques


anthony.moulin

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Date d'inscription : 20/11/2013

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