Question 52 année 2013

Aller en bas

Question 52 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:03

Question 52
Question 52 – L’investissement se situe t-il au cœur de la croissance économique ?


Introduction
Résultat des décisions des entrepreneurs, composante de la demande et déterminante de l’offre, l’investissement occupe une place importante dans l’activité économique.Il est au cœur de la stratégie de croissance des entreprises et des économies nationales.
Ainsi, l’investissement permet de réguler les fluctuations de la croissance et se trouve souvent au cœur des politiques économiques actives entreprises par l’Etat.
Il peut donc avoir un rôle contra-cyclique : stimuler l’investissement permet non seulement de relancer la demande globale mais aussi de faire baisser le chômage. L’Etat met donc en œuvre des politiques de relance de l’investissement, qu’il soit public (grandes vagues de nationalisation) ou privé (planification pendant les 30 glorieuses).
L’investissement est donc un flux mais se situe t-il pour autant au cœur de la croissance ?
Pour répondre à cette interrogation, nous verrons dans un 1er temps la relation « investissement-croissance » et dans un 2nd temps les conséquences d’une instabilité de l’investissement sur la croissance.
1. I. La relation investissement-croissance
• A court terme, l’investissement favorise la croissance en augmentant la demande.
L’investissement est une composante de la demande globale, à coté de la consommation. D’ailleurs, si l’investissement augmente, la demande globale augmente mais dans des proportions différentes.
C’est ce que l’on appelle le mécanisme multiplicateur, Keynes a montré que l’accroissement de l’investissement entraînait un accroissement plus que proportionnel du revenu national. Exemple : les salariés reçoivent des revenus qu’ils vont ensuite consommer ou épargner.
Cet effet est d’autant plus grand que la propension marginale à consommer est forte, c’est-à-dire que les ménages consacrent à la consommation une fraction importante de leur supplément de revenu.
• A moyen terme, l’investissement favorise la croissance en augmentant les capacités de production.
A la traditionnelle notion de formation brute de capital fixe FBCF retenue par l’INSEE (qui peut elle-même répondre à des motifs variés), il convient en effet d’ajouter désormais des formes croissantes de dépenses qui contribuent à accroître la capacité productive des entreprises (investissements immatériels ou encore investissements directs à l’étranger)
Une fois qu’elle a investi, l’entreprise a :
- Augmenté ses capacités de production s’il s’agit d’un investissement de capacité (exemple : installation de machines) pour répondre à une demande globale
- Augmenté sa compétitivité par une réduction de ses coûts de production s’il s’agit d’un investissement de productivité ou de rationalisation. (exemple : remplacer des hommes par des machines) Elle peut donc accroître ses parts de marché à l’intérieur comme à l’extérieur (exportation)
- Rajeuni son capital productif s’il s’agit d’un investissement de remplacement (exemple : acquisitions de nouvelles machines pour remplacer celles obsolètes). Ce qui la rend également plus compétitive.
Ces investissements de productivité participent donc fortement à la croissance intensive. A moyen terme, l’investissement agit directement sur l’offre.

1. II. L’instabilité de l’investissement engendre des fluctuations importantes de la croissance
L’ensemble des agents économiques est appelé à moderniser, renouveler et accroître la capacité de production des richesses nationales, mais c’est bien pour les entreprises que l’investissement constitue la principale raison d’être et même une nécessité vitale compte tenu des pressions de la concurrence.
La première difficulté consiste alors à bien cerner les multiples dimensions que prend aujourd’hui le phénomène de l’investissement caractérisé par la prise de risque des entreprises dans un environnement largement incertain.
• Le déséquilibre structurel
En 1939, Samuelson met en évidence la mécanisme de l’oscillateur, combinaison des effets du multiplicateur et de l’accélérateur : celle-ci débouche le plus souvent sur une forte instabilité conjoncturelle. Et ce du fait du défaut d’ajustement entre l’investissement réalisé par les entreprises et la proportion de leur revenus qu’épargnent les ménages.
L’équilibre entre investissement et épargne n’est donc pas atteint et il n’existe aucun mécanisme capable de rééquilibrer l’économie. Elle est donc en déséquilibre structurel.
L’investissement est aussi en étroite corrélation avec la situation financière des investisseurs.


• La situation financière des investisseurs
- Efficacité marginale du capital – Keynes
Effet de massue : Si le taux d’intérêt est trop élevé, il y aura un frein à l’investissement, mais tout dépend du rendement attendu, notion introduite par Keynes « efficacité marginale du capitale »
Effet de levier : A contrario, si le taux de profit est supérieur au taux d’intérêt, la rentabilité des capitaux propres est accrue par l’endettement.
La notion de profitabilité : Est ici primordiale, écart entre la rentabilité financière de l’investissement, les capitaux propres et le taux d’intérêt réel.
- Utilisation des Fonds Propres
L’entreprise peut aussi choisir d’utiliser ses fonds propres, qu’ils proviennent d’une augmentation de capital ou d’un autofinancement. Cela suppose qu’elle ait préalablement réalisé des profits ou qu’elle soit capable de lever des fonds supplémentaires.
On peut également chercher à comprendre les différentes motivations qui poussent les agents économiques (et principalement les entreprises) à se lancer dans ce pari que représente tout investissement. Se persuader que « le jeu en vaut la chandelle » nécessite de prendre en compte l’ensemble des incertitudes qui pèsent sur l’entreprise : la demande y sera-t-elle suffisante ? Pourquoi comparer le coût de l’investissement et sa rentabilité ? Quelles contraintes financières pèsent sur les entreprises ? Quelles sont les différentes possibilités de financement présentes pour elles ?

Conclusion
L’investissement est reconnu par tous comme un facteur premier de la croissance, que ce soit parce qu’il stimule l’offre ou parce qu’il est un élément de la demande finale.
Cependant, il ne faut pas oublier que l’investissement doit rester mesuré, sous peine d’une part d’être fatal à la consommation, d’autre part d’engendrer des crises de surinvestissement et des goulets d’étranglement pour toute l’économie.
Enfin, se pose la question de la corrélation entre investissement et croissance économique. Peut-on repérer une corrélation entre la vigueur de l’investissement et celle de la croissance économique et, dans l’affirmative, laquelle des deux grandeurs est-elle susceptible d’expliquer l’autre ?
L’investissement entraîne t-il la croissance ou est-ce l’inverse ?
De même, quelle est la nature des liens entre l’investissement et l’emploi ?


anthony.moulin

Messages : 28
Date d'inscription : 20/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum