Question 58 année 2013

Aller en bas

Question 58 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:03

Question 58
Sujet 58 : Quels sont les moyens et les limites pour rétablir l’équilibre d’une balance des paiements déficitaire ? Illustrez à l’aide d’exemples contemporains.
Introduction :
Les soldes de la balance des paiements représentent des outils d’analyse incontournables de la santé d’une économie moderne. Elle présente la position extérieure d’une économie, d’un pays, via sa position monétaire (solde entre créances et dettes ).
L’analyse de la balance des paiements permet de faire ressortir la problématique de l’ajustement.
Le mot « ajustement » désigne l’action qui consiste à rétablir l’équilibre du solde des transactions courantes : excédentaire (entrée de devises >sorties) ou déficitaires (entrées de devises < sorties).
Dans un premier temps, après avoir rappelé brièvement ce qu’est une balance des paiements, nous verrons pourquoi une balance des paiements peut être déficitaire.
Dans un second temps, nous verrons quels sont les moyens et conditions de rétablir les soldes de la BDP et quelles sont les limites de ces pratiques.

I) Pourquoi une balance des paiements est-elle déficitaire ?

a) Définition
La balance des paiements (BDP) d’un pays est un état statistique destiné à retracer sous une forme comptable l’ensemble des flux de biens réels, d’actifs financiers et monétaires entre les résidents d’une économie et les non-résidents au cours d’une période déterminée.
La BDP se compose de 4 comptes :
- Compte des transactions courantes : exportations et importations de biens, services, les revenus et les transactions sans contrepartie
- Compte de capital : acquisitions et cessions d’actifs non financiers (brevets)
- Compte financier : investissements directs français à l’étranger, et les investissements étrangers en France (participation > 10% du capital), investissements de portefeuilles (résidents ayant des titres étrangers et non résidents ayant des titres français), autres investissements (crédits…), avoirs de réserves détenus par la BC (or, DTS, devises étrangères)
- Compte erreur et omissions : objectif ajuster les comptes car plusieurs sources (banques
, douanes).
L’analyse de la BDP repose sur l’analyse de ses soldes :
- Solde des transactions courantes (balance commerciale + balance extérieure des services et revenus
- Solde des transactions courante + solde de capital : besoin en capacité de financement de la nation
- Solde à financer : S des transactions courantes +solde de capital + IDE. Ce solde exclu les considérations de spéculation financière et indique la qualité de l’intégration du pays au niveau international (attractivité de notre pays)
- Solde de la balance globale
b) Les causes du déficit
En général, se poser la question de l’équilibre de la balance des paiements, c’est se poser la question de l’équilibre de la balance des transactions courantes.

Pour cela, on observe le taux de couverture économique = exp /imp
Si < 100, alors déficit, si >100, alors excédent

Les termes de l’échange défavorables vont également handicaper la balance des paiements (indice des prix import / indice des prix à l’export

Explication : un pays ne trouve pas de croissance extérieure pour sa production :
- soit par ce que le prix de ses produits sont trop chers à cause d’une politique monétaire contraignante
- soit par ce que les produits n’offrent pas d’avantage concurrentiel ou ne trouvent pas leur marché
- soit par ce que la productivité n’est pas au rendez-vous (recherche et développement insuffisantes, pression fiscale, inflation par les salaires…)

II) Comment la rétablir ?

a) Des mesures économiques et fiscales appropriées
(Impact essentiellement sur le compte des transactions courantes)

- Allègement des charges sociales et fiscales
- Soutien de la recherche et développement des entreprises
Ex : rapport Gallois
- Facilité les échanges internationaux en assouplissant les barrières tarifaires et administratives
Ex : 190 milliards d’euros pourraient être créés si projet de rapprochement Europe-USA se confirme = répercussion positive sur la balance des paiements (meilleure compétitivité et plus d’échanges)
La compétitivité est la clé de voute sur laquelle s’appuient les entreprises pour assurer leur rentabilité et leur pérennité.
Une entreprise compétitive, novatrice sur son secteur, peut trouver des débouchés extérieurs quelle que soit le niveau de sa monnaie
Ex : Allemagne (euro fort mais balance commerciale excédentaire)
b) Financement de la BDP par la création monétaire et une politique de taux de change agressive
(Impact sur la balance des transactions courantes grâce aux taux de change et sur les comptes financiers grâce aux taux d’intérêt).
Objectif : aller chercher la croissance chez les autres
Par définition, pour améliorer sa balance des paiements, le meilleur moyen est d’exporter plus que l’on importe. La valeur de la monnaie (et donc les banques centrales) joue un rôle majeur dans ce processus.
- Comment les banques centrales favorisent la croissance extérieure
L’objectif principal de la BCE est de contenir les prix et l’inflation, ce qui n’est pas le cas de la FED, de la B du Japon (objectif principal = croissance et lutte contre le chômage ou Banque d’Angleterre, entre autres. C’est ce qu’on appelle mener une politique monétaire non conventionnelle.
Pour enrayer le déficit de la balance des transactions courantes (améliorer le solde), le pays peut dévaluer (si taux de change fixe) ou déprécier (si taux de change flottant).
Les effets attendus :
- Augmentation des volumes des exportations
- Hausse du prix des importations exprimé en monnaie nationale
- Baisse du volume des importations par effet de substitution
- Baisse du prix des importations

La dégradation des termes de l’échange va améliorer le solde des transactions courantes.
III) Limites des outils de redressement de la balance des paiements

La courbe en J :
Quand on dévalue (ou déprécie) une monnaie, les importations augmentent immédiatement, ce qui n’est pas le cas des exportations. A terme, il faut donc être certaine que l’effet volume > effet prix

Les limites des politiques monétaires non conventionnelles (quantitative easing)
Les politiques monétaires agressives visent à relancer la croissance mais soulèvent des questions sur les risques qu’elles présentent :
- Inflation
- Toutes les banques centrales ne peuvent pas décider d’avoir la même politique au même moment car toutes les monnaies ne peuvent pas être affaiblies en même temps et toutes les balances des transactions courantes ne peuvent pas s’améliorer en même temps (guerre des changes)
- Des taux maintenus trop bas peuvent créer des « bulles » de crédit (ex : subprimes)
- Le « quantitative easing » peut créer des problèmes d’aléa moral en affaiblissant la volonté des gouvernements de poursuivre les réformes économiques ou budgétaires nécessaires (sacrifice de l’avenir au présent)
- Une période prolongée de taux d’intérêt réels négatifs implique une redistribution du revenu et de la richesse des créanciers et épargnants vers les débiteurs et emprunteurs, ce qui perturbe l’ajustement de l’équation conso-épargne-investissement-croissance.



Conclusion :

Pour améliorer les soldes des comptes de la BDP, 2 possibilités :
- améliorer ou maintenir la bonne compétitivité des entreprises nationales pour trouver facilement des débouchés et exporter
- jouer sur la valeur de la monnaie nationale pour renforcer cette compétitivité internationale de manière plus « mécanique », via les taux de change ou les taux d’intérêt.
Redresser une balance des paiements n’est en aucun cas une science exacte .
Quel que soit le procédé retenu, il doit correspondre à une véritable stratégie économique nationale et devra s’appuyer sur les conditions de sa réussite : débouchés extérieur, capacité à créer de la compétitivité…


anthony.moulin

Messages : 28
Date d'inscription : 20/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum