Question 59 année 2013

Aller en bas

Question 59 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:04

Question 59
Question 59 : Qu’est ce qui peut déterminer un pays émergent à laisser libres ou à réglementer les opérations de change entre ses agents économiques et le reste du monde ?
Intro :
Les pays émergents, compte tenu de leurs échanges avec le reste du monde, se doivent d’avoir une devise de statut international (circulant dans le pays, étalon de valeur, instrument d’épargne et masse monétaire suffisante en circulation chez les non-résidents. Chaque état conduit une politique monétaire dont L’objet est de permettre la mise en circulation de la bonne quantité de monnaie. Elle ne doit pas être trop importante pour éviter l’inflation mais son volume doit être suffisant pour ne pas limiter les échanges commerciaux. Les pays émergents en tant qu’acteurs clés du commerce international doivent adapter leur politique monétaire à leurs enjeux. Après avoir rappelé les principales caractéristiques des régimes de change, nous en déduirons les éléments déterminants la politique monétaire des pays émergents.
I – Enjeux et définitions des régimes de change
A – Régime de change fixe
Le régime de change fixe consiste à rattacher la monnaie nationale soit à une monnaie dite d’ancrage (c’est à dire l’abandon total de politique monétaire nationale ex Euro pour les 16 pays de la zone) soit à un panier de monnaie (une formule régit dans ce cas la pondération des différentes monnaies dans la constitution du cours de la monnaie nationale.
Ce régime de change facilite grandement les échanges avec le pays d’ancrage ou celui de la monnaie prépondérante dans le panier puisqu’il supprime les incertitudes et les coûts de couverture de change.
Au moment de la fixation du cours par rapport au panier, il est possible d’ajouter un tunnel « +/- X points » par rapport au cours fixé on parle alors de régime de change fixe à bandes horizontales. Ex : Chine, Brésil ou Pologne.
2. Régime de change flottant
Dans un régime de change flottant, aucune action pour modifier le cours définit par le marché n’est effectuée par la Banque Centrale.
Compte tenu des volumes mis en jeu, il est impossible d’insérer une parité fixe pour les monnaies fortes (EUR, USD, YEN). Néanmoins, certains pays émergents semblent avoir intérêt à conserver des régimes de changes fixe ou fixes ajustables.
II – Les déterminants de la stratégie monétaires des pays émergents
Les pays en développement et en transition appliquent un large éventail de régimes de change, qui va de la parité fixe très rigide au flottement assez libre en passant par de nombreuses variantes. Cette diversité n’est guère surprenante si l’on tient compte des situations économiques ainsi que des relations commerciales de ces différents pays.
A – L’intérêt de la réglementation des opérations de change pour les pays émergents
Les régimes de change fixes étaient très largement utilisés par les pays émergents dans les années 80. Un pays est enclin à adopter une forme quelconque de parité fixe lorsque :
- il intervient peu sur les marchés financiers internationaux;
- il commerce beaucoup avec le pays émetteur de la monnaie d’ancrage envisagée;
- il subit des chocs économiques semblables à ceux que doit affronter le pays émetteur de la
monnaie d’ancrage envisagée;
- il est disposé à troquer son autonomie en matière de politique monétaire contre la crédibilité dont jouit son partenaire sur ce front;
- son économie et son système financier sont déjà liés étroitement à la monnaie de son partenaire;
- il est attiré par la stabilité offerte par la parité fixe en raison de son inflation élevée;
- il met en œuvre une politique budgétaire flexible et viable;
- ses marchés du travail sont flexibles;
- ses réserves internationales sont élevées.
Les parités fixes sont utiles notamment pour les pays membres d’un groupement économique régional avec lequel les échanges sont importants
Cependant pour les états qui choisissent des régimes de change fixe (Chine, Danemark) le change ne peut servir de variable d’ajustement en cas de choc négatif (sauf dévaluation). De plus lorsque le cours de la devise et sur ou sous évalué ils s’exposent à des marchés parallèles avec des cours différents de cours déclarés.
Par ailleurs sous l’effet de la mondialisation de l’économie, lorsque le volume des échanges avec l’ensemble des partenaires économiques ont fortement progressé dans les années 2000, certaines banques centrales des pays émergents ont éprouvé des difficultés pour faire face aux fluctuations liées au régime de change fixe (cas de la crise des années 90 en Amérique latine). C’est pourquoi nous étudierons à présent l’intérêt de la libéralisation du régime de change.
B – L’intérêt de la « libéralisation contenue » (ou flottement « de jure ») des opérations de change pour les pays émergents
Dans les dernières années, avec l’augmentation des échanges monétaires internationaux, les pays émergents ont connu d’importants flux de devises entrantes. Pour réduire les réserves de change de leur banque centrale, certains ont opté pour l’instauration d’un régime de change flottant (Brésil, Pologne).
Très ouverts aux marchés internationaux de capitaux, les grands pays émergents sont condamnés à la flexibilité de leur taux de change, mais une inflation élevée, une dollarisation de la dette, un système bancaire fragile les condamnent à la gestion.
Depuis la crise des subprimes, certains pays émergent ont vu affluer des quantités de capitaux (fuite des pays européens pour recherche de croissance éco) qui ont déstabilisés leur taux de change (Brésil). Pour tenter de réguler ces fluctuations liées aux investissements étrangers, le Brésil a instauré une taxe pour les investissements entrants.
Il est apparaît important de distinguer la politique de changer affichée et la politique pratiquée : les grands pays émergent à parité fixe se déclarent en flottement de juro et de continuer à gérer de facto leurs taux de change.
Conclusion :
Les pays émergents ont conduit dans la seconde partie du XXème siècle des politiques de changes d’indexation de leurs devises à celle d’un pays voisin ou à un panier de devises. Les limites de ce régime de change ont été révélées avec les crises monétaires des années 90 (Amérique du Sud, Asie). A présent, chaque pays compose en fonction de ses partenaires commerciaux ainsi que des réserves en devise de sa banque centrale pour choisir son régime de change.
Dans le contexte économique actuel, certains pouvoirs politiques de pays émergents souhaitent utiliser les dépréciations (pour les régimes en flottement) de leur devise pour agir sur leur balance des paiements. Or en période de crise, les manipulations sur les changes uniquement doivent être très importantes pour avoir un impact réel sur les exportations.
On peut également s’interroger sur la pertinence aujourd’hui les taxes à l’importation qui favorisent toujours certains pays émergent ex : taxe douanière de 40% sur l’exportation d’acier de France vers l’Inde…


anthony.moulin

Messages : 28
Date d'inscription : 20/11/2013

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum