Question 60 année 2013

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Question 60 année 2013

Message par anthony.moulin le Mer 15 Jan - 20:05

Question 60
Q 60 : Le rôle des marchés financiers est-il devenu prépondérant dans le financement de l’économie ? Expliquez
Le financement de l’économie désigne l’ensemble des moyens par lequel les agents économiques se procurent les ressources nécessaires à la réalisation de leur activité.
Les ménages, les entreprises et l’Etat, disposent de trois possibilités de financement : l’autofinancement (épargne), le recours à l’emprunt bancaire (l’intermédiation bancaire) et le financement par les marchés financiers (l’intermédiation financière).
Jusque dans les années 80, l’autofinancement et l’intermédiation bancaire ont prédominés dans le financement de l’économie.
Le développement industriel et économique a nécessité le développement de nouvelles sources de financement. Une réforme des marchés financiers, jusqu’alors réservés aux grandes entreprises, et notamment la création de nouveau produits financiers et l’ouverture d’un second marché, ont permis une plus grande accessibilité des marchés financiers.
Nous allons voir dans un premier temps l’évolution des marchés financiers dans le financement de l’économie puis les limites de ce financement dans le contexte actuel.
I. Le développement des marchés financiers : les 3 D.
Suite au krach de 29, les autorités ont fortement encadrées l’intermédiation financière par la loi bancaire de 45, les activités de banques commerciales et banques d’investissements étaient cloisonnées. L’accès aux marchés se faisait uniquement par l’intermédiaire des banques d’investissements.
Dans les années 80, on assiste à une forte inflation, ce qui entraîne la faillite de nombreuses banques commerciales et favorise le développement des banques d’investissements.
On assiste également à des changements structurels nécessaires au financement de l’économie. En effet, l’industrialisation et l’apparition de grands groupes internationaux a favorisé l’évolution des marchés financiers. Cette évolution s’est réalisée grâce aux 3 D : La désintermédiation, le décloisonnement et la déréglementation.
En France, la loi bancaire de 84 met fin à cette distinction des activités en établissant un cadre juridique unique pour les établissements de crédit. Ce décloisonnement a contribué à accroître la concurrence et conduit les banques à se réunir en grands groupes.
De même, on assiste à une meilleure accessibilité des marchés financiers aux entreprises de taille moyennes et aux agents non financiers. Les établissements financiers ont perdu le monopôle des transactions financières, les agents peuvent directement se financer et acheter des titres sur les marchés. Cette désintermédiation a permis une meilleure circulation des capitaux et une multiplication des intervenants.
Ce développement des marchés et leur ouverture à l’international ont nécessité des changements des règles de contrôle des marchés : la déréglementation.
Le développement des marchés financiers a entraîné une diminution importante de l’intermédiation traditionnelle (dépôts et crédits) au profit de nouvelles activités. Mais cet attrait pour les marchés financiers n’est pas sans compter des dérives et n’est valable que lorsque leur taux de rémunération est supérieur aux taux des emprunts bancaires. De même, certains acteurs n’y ont pas accès.
II. Limites de ce financement

A- Seules les grandes entreprises ont accès aux marchés financiers
Le financement des petites et moyennes entreprises (et des ménages) qui n’ont pas la possibilité d’emprunter directement sur les marchés, en particulier parce qu’il leur est plus difficile qu’aux grandes entreprises (dont la réputation est déjà acquise) de se signaler aux marchés.
Les banques jouent un rôle fondamental dans le financement des entreprises ayant une capacité d’autofinancement intermédiaire (ce sont souvent des petites ou moyennes entreprises): celles-ci n’ont pas assez de ressources propres pour émettre directement des titres, mais suffisamment pour faire appel au crédit bancaire, à condition toutefois d’accepter que leur banque surveille leur activité.
B- La spéculation
En 2008, la crise des subprimes aux Etat Unis en est un bon exemple. Elle est la résultante de prêts accordés à des ménages dits « fragiles » pour leur permettre d’accéder à la propriété. Le risque de ces emprunts était transféré en actif (on parle de titrisation) via les banques d’investissement. Celles-ci créant dans le même temps des fonds et spéculant sur ceux-ci.
Quand les ménages endettés n’ont pu plus tenir leurs engagements immobiliers, il est devenu impossible de donner une valeur à ces titres qui ont dû être provisionnés à une valeur proche de zéro. En même temps, les détenteurs ne pouvaient plus liquider leur créance. La défiance s’est installée envers les créances titrisées.
Cette crise a eu des impacts dans le monde entier et plus particulièrement en Europe. Les Etats qui ont vu leurs dettes exploser doivent faire face à la défiance des investisseurs. De plus, avec l’internationalisation des dettes publiques, celles-ci sont souvent détenues par des investisseurs non résidents (56 % de la dettes française est détenue par des non résidents). Les Etats deviennent donc dépendant d’acteurs moins captifs et donc moins stables.
Conclusion
Les banques ont énormément contribué au développement des marchés financiers.
Leur rôle dans le financement de l’économie n’est plus à démontrer.
Cette mondialisation des marchés financiers, bien qu’elle soit encadrée par des Autorités de contrôles (ACP et AMF) amène de nombreuses dérives qui impactent tous les acteurs de la vie économique.


anthony.moulin

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Date d'inscription : 20/11/2013

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