Question n° 46 :En vous appuyant sur les théories économiques les plus représentatives de la pensée économique, estimezvous que le circuit économique est en équilibre ou en déséquilibre ?

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Question n° 46 :En vous appuyant sur les théories économiques les plus représentatives de la pensée économique, estimezvous que le circuit économique est en équilibre ou en déséquilibre ?

Message par haiba1976 le Mar 1 Avr - 18:17

Question n° 46 :En vous appuyant sur les théories économiques les plus représentatives de la pensée économique, estimezvous que le circuit économique est en équilibre ou en déséquilibre ?

Un circuit économique est une représentation de l’activité économique qui met en avant la circulation des flux, réels (biens et services) et monétaires (quantité de monnaie échangée), au sein d’une économie. La première représentation a été faite par François Quesnay, chef de file de l’école Physiocrate, en 1758. Il montre que la richesse créée par un agent circule et se transforme pour finalement lui revenir, mais aussi que les ressources de l’un sont les emplois des autres (à la base de la comptabilité nationale).
Le circuit économique permet donc de relier les agents économiques entre eux et de mettre en évidence l’interdépendance de ces agents et des opérations : toute modification en un point du circuit se répercute sur l’ensemble des autres. Il permet également de donner une vision dynamique de l’économie et d’effectuer des prévisions économiques d’un événement quelconque sur toutes les parties du circuit.
Deux théories économiques s’affrontent sur le sujet de l’équilibre du circuit économique : la théorie classique/néoclassique et la théorie keynésienne. Il convient de se demander, en se basant sur ces deux théories, si le circuit est aujourd’hui en équilibre ou en déséquilibre.
Nous étudierons dans une première partie, l’approche classique/néoclassique et dans une seconde partie, nous analyserons l’approche keynésienne.
I L’APPROCHE CLASSIQUE / NEOCLASSIQUE
1) Les principaux fondements de la théorie
Pour eux, le circuit n'est pas un outil de raisonnement. Ils raisonnent en terme de marché. Selon eux, l'égalité Investissement = Epargne est toujours respectée et ils montrent l'impossibilité de crises économiques lorsque les mécanismes du marché ne sont pas entravés. Ainsi, le mouvement des prix permet toujours d'égaliser l'offre et la demande de biens et de services et, si une partie du revenu est épargnée au lieu d'être dépensée, elle troue aussitôt une utilisation (l'épargne permet aux banques de fournir des crédits aux entreprises : investissement). Ainsi, l'épargne n'est pas une fuite hors du circuit susceptible d'entraîner une dépense globale inférieur à l'offre global car elle est utilisée pour financer un investissement. D'ailleurs, pour les néoclassiques, l'épargne et l'investissement s'égalisent sur le marché des capitaux grâce au taux d'intérêt.
Ils ne raisonnent donc pas en terme de circuit mais selon le fait que les ressources des uns sont les emplois des autres. Jean Baptiste Say met en évidence la loi des débouchés, loi reprise par les néoclassiques : " tous produit trouve un débouché "
Donc, si le marché fonctionne correctement, il ne peut y avoir de crises économiques (ni de surproduction, ni de sous consommation) Il peut certes exister des déséquilibres partiels et temporaires, les marchés tendant toujours à s’autoréguler (main invisible d’Adam Smith).
L'approche de l'équilibre insiste sur les comportements individuels (approche microéconomique) et suppose qu'il est toujours possible d'ajuster l'offre et la demande grâce à la flexibilité des prix.
Enfin, ils prônent une intervention de l’Etat limitée à ses fonctions régaliennes (diplomatie, sécurité, défense), l’intervention de l’Etat étant source de déséquilibres puisque les marchés ne peuvent plus s’autoréguler
2) Quelle interprétation aujourd’hui ?
Les néoclassiques expliquent ainsi le déséquilibre actuel sur le marché du travail :
• par l'intervention de l'Etat : les contraintes imposées par l’Etat ne permettent pas de flexibilité : les entreprises ne peuvent pas modifier leur nombre de salariés en fonction de l’intensité de l’activité de production. Cela freine donc l’emploi en période de crise comme celle que nous vivons depuis quelques années. Les entreprises préfèrent ne pas embaucher plutôt que de prendre le risque de se retrouver avec trop de personnel. Le chômage augmente donc considérablement ;
• par le comportement des individus qui refusent de travailler plutôt que d'accepter des salaires plus bas. Le chômage est donc le signe de la non flexibilité des salaires. (à la baisse).
Le chômage entraîne une baisse de la consommation et de l’épargne et donc une baisse des investissements. Ce phénomène est accentué par les contraintes fiscales et règlementaires pesant sur les entreprises qui limitent ce que les classiques appellent « la libre entreprise » alors que l’entrepreneur est au cœur du système économique (théorie de l’offre).
D’après l’approche classique/néoclassique, le circuit économique aujourd’hui n’est pas en équilibre : l’Etat par son intervention ne permet pas une égalité de l’offre et de la demande, porte atteinte au plein emploi et freine la libre entreprise.
II L’APPROCHE KEYNESIENNE
1) Les principaux fondements de la théorie
Keynes publie en 1936 la théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie et s'oppose complètement aux classiques et aux néoclassiques.
Keynes examine l'économie sous l'angle du circuit plutôt qu'en terme d'équilibre sur les marchés. L'optique du circuit permet de voir que le point de départ de l'activité économique se situe dans le pôle de la production. Ce sont les chefs d'entreprise qui décident de mettre en œuvre un certain niveau de production (et donc un certain niveau d’investissements et d’emplois), tous les enchainements du circuit découlant de cette décision. Or, le chef d’entreprise ne prend cette décision que s’il identifie une demande effective.
Keynes opère ainsi une révolution en montrant qu'au plan macroéconomique l'épargne n'est plus une vertu. Pour le bon fonctionnement économique, les individus doivent consommer et non épargner. Il dénonce la vision idyllique des classiques et néoclassiques qui supposent que toute épargne est investie et met en lumière l'existence d'une épargne thésaurisée : l'épargne thésaurisée représente donc une fuite hors du circuit. Cette fuite entraîne une baisse de la consommation et une baisse de la production. Or une baisse de la production entraîne une baisse des besoins de main d'œuvre et des investissements donc de la demande, etc. « La boucle est bouclée »…
Enfin, Keynes, partant du principe que les marchés ne peuvent s’autoréguler, préconise l’intervention de l’État pour relancer la demande et rééquilibrer les marchés pour pallier les déséquilibres économiques persistants qu’il croît possibles, notamment le chômage.
2) Quelle interprétation aujourd’hui ?
Si on se fie à la théorie de Keynes le circuit est aujourd’hui en déséquilibre compte tenu d’une insuffisance de demande et d’une fuite des capitaux vers l’épargne.
Mais quelles mesures pourraient être prises ?
L’intervention via la politique monétaire et les taux d’intérêts n’est plus du ressort de l’Etat français mais de la BCE. La politique de taux d’intérêts bas qu’elle pratique devrait, selon Keynes, relancer la consommation. Or, on constate que la consommation est toujours en berne. Face à une situation économique incertaine, les agents économiques ont plutôt une position attentiste et prudente.
La relance via les dépenses publiques semble compromise, le Gouvernement se trouvant limité dans ses marges de manoeuvre par les critères du Traité de Maastricht et s’étant fixé comme objectif la réduction du déficit publique qui atteint près de 90% du PIB.
Néanmoins, le Gouvernement tente de stimuler la productivité et la compétitivité des entreprises par exemple avec le CICE : crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) qui équivaut à une baisse de cotisations sociales, sous la forme d’une réduction de l’impôt à acquitter en 2014 au titre de l’exercice 2013.
De nombreuses réflexions sont menées également au sujet de l’épargne et de la façon d’orienter ces sommes vers le circuit économique et l’investissement.
On trouve ici les limites aux interventions de l’Etat.
Conclusion
Les deux approches nous permettent de conclure que le circuit est aujourd’hui en déséquilibre. Se pose alors la question de l’intervention de l’Etat ou de plus de libéralisme.
Exerçant une influence directe sur l’offre et sur la demande, l’action des pouvoirs publics vise principalement à la réalisation du « carré magique » (plein emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur et croissance économique). Les moyens pour y parvenir, cependant, diffèrent radicalement selon les choix idéologiques. Aujourd’hui, il semble convenu que l’Etat doit intervenir un minimum pour restaurer les conditions de l’équilibre, tout en laissant une marge de manœuvre aux entrepreneurs. L’équilibre reste à trouver et les débats continueront d’être animés.

haiba1976

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Date d'inscription : 01/04/2014

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