Question n° 58 :Quels sont les moyens et les limites pour rétablir l’équilibre d’une balance des paiements déficitaire ? Illustrez à l’aide d’exemples contemporains.

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Question n° 58 :Quels sont les moyens et les limites pour rétablir l’équilibre d’une balance des paiements déficitaire ? Illustrez à l’aide d’exemples contemporains.

Message par haiba1976 le Mar 1 Avr - 22:38

Depuis les décennies 1980 et 1990, les économies des différents pays se sont ouvertes progressivement sur l’extérieur. Ce phénomène est particulièrement visible depuis les années 2000 avec l’émergence de nouveaux pays sur la scène internationale comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (BRIC).Cette mondialisation s’est accompagnée d’un accroissement très important de la production mondiale et des échanges économiques et financiers entre les pays.Toutefois, des déséquilibres de flux et de stocks sont apparus entre les différentes zones géographiques et leur ampleur croissante a conduit à une instabilité monétaire et financière internationale accrue.
Nous rappellerons dans un premier temps la notion de balance des paiements ainsi que ses principales caractéristiques, et dans un second temps les moyens employés pour lutter contre un déséquilibre chronique tout en mettant en évidence les limites pouvant y afférer.
I - Par balance des paiements on entend, l’ensemble des transactions économiques, financières et monétaires entre les résidents d’une économie et les non résidents au cours d’une période de temps donnée et repris dans un document macroéconomique et macro-financier de nature statistique, mais présenté sous forme comptable.
La balance des paiements se compose de trois comptes principaux :
le compte des transactions courantes qui retrace les échanges de biens, de services, de revenus et de transferts avec l’extérieur et dont le solde correspond au solde de la balance courante, ou des opérations ou des transactions courantes ;
le compte de capital, qui enregistre notamment les annulations de dettes ;
le compte financier (ou balance des invisibles) qui retrace les flux d’investissements directs, d’investissements de portefeuille, des autres investissements à et de l’étranger, ainsi que les flux d’avoirs de réserve et dont le solde correspond au solde de la balance des opérations financières, c'est-à-dire à la variation des avoirs, créances et engagements en devises et en monnaie nationale sur et envers les non-résidents, des secteurs privé, public et bancaire résidents.
La balance des paiements est équilibrée par construction bien que, dans la pratique, elle comporte un poste d’erreurs et omissions nettes à cette fin. Seules les balances intermédiaires peuvent être déséquilibrées et présenter un solde positif (excédent) ou négatif (déficit). Dans une économie ouverte sur l’extérieur, tout déséquilibre interne a une traduction externe dans la balance des paiements et vice versa.Le secteur extérieur est donc relié aux trois secteurs économiques intérieurs, privé, public et bancaire
Un excédent commercial peut avoir différentes interprétations :
le pays exporte beaucoup et s'enrichit ;
le pays importe peu (croissance faible ou récession).
Au contraire, un déficit commercial signifie que la valeur des importations d'un pays dépasse celle de ses exportations. Les Etats Unis ont un déficit commercial avec le reste du monde presque sans interruption depuis 1971, déficit financé en grande partie par les investisseurs étrangers.
II - Tout déséquilibre macroéconomique ne peut apparaître et perdurer que si un financement y est associé. Les phénomènes économiques, financiers et monétaires sont donc étroitement imbriqués. Il existe à ce jour plusieurs moyens permettant de rétablir un juste équilibre de la balance des paiements :
un recours aux réserves de change, perceptions d’investissements type IDE, émissions de titres obligataires d’Etat. Ces différentes variables permettent d’annuler la position débitrice du pays concerné.
une approche par l’ajustement du taux de change. On considère qu’une dévaluation /dépréciation est efficace lorsque ce changement de parité provoque une amélioration de la balance commerciale. Une dévaluation dépréciation va exercer 3 effets sur la balance commerciale du pays domestique exprimé en valeur, à savoir deux effets volumes positifs (importations et exportations ) et un effet prix qui va être négatif. Une dévaluation entraine une baisse générale des prix ce qui provoque une amélioration de la compétitivité externe des produits domestiques. Cette dernière entraine ensuite une hausse du volume des exportations. Dans le domaine des importations, l’effet est inverse : une dévaluation/dépréciation provoque une augmentation du prix des imports exprimés en monnaie nationale. Comme les importations ont un prix plus conséquent la compétitivité prix interne des produits nationaux s’est améliorée. Cette amélioration de la compétitivité va provoquer une baisse du volume des importations provoquant ainsi une amélioration de la balance commerciale du pays. Cependant, une dévaluation entraine une détérioration du terme de l’échange et en l’absence de comportement de marge (l’effet prix est négatif) celle ci peut entrainer une détérioration de la balance commerciale. On constatera donc une amélioration de la balance commerciale si et seulement si les effets volumes l’emportent sur l’effet prix (limite) : c’est l’effet «courbe en J».
une approche par l’ajustement en termes d’absorption. L’approche par l’absorption est une approche synthétique de l’ajustement au sens où elle va combiner les effets prix et les effets revenus. Pour qu’une dévaluation puisse engendrer une amélioration des comptes extérieurs, il faut que le pays qui dévalue soit en mesure de dégager un surplus exportable ce qui implique que la production nationale augmente et/ou que l’absorption diminue. En situation de sous-emploi on peut jouer sur les deux, toutefois c’est plus difficile lorsque l’économie est en situation de plein emploi. (Plus possible d’augmenter la production il faut donc réduire l’absorption). Par conséquent, une dévaluation doit s’accompagner de mesures visant à limiter la croissance et la demande intérieure. Le pays qui dévalue va être conduit à mettre en place des politiques économiques et budgétaires restrictives.
Il existe également des limites situées à plus long terme comme l’effet d’hystérèsis (lorsqu'un phénomène économique persiste alors que la cause principale de ce phénomène a disparu) ou les effets inflationnistes (pouvant générer un cercle vicieux avec une hausse des prix généralisée s’auto-entretenant) ou bien encore le «triangle des incompatibilités» (liberté de mouvement des capitaux, fixité du taux de change, indépendance dans la politique monétaire)
Il reste à savoir si ce déficit commercial est un réel problème. La loi des avantages comparatifs de Ricardo permet, par exemple, aux sociétés américaines de se spécialiser dans les secteurs où elles ont une forte valeur ajoutée et de laisser le reste aux sous-traitants étrangers.
Pour tenter de répondre cette problématique, le FMI (instauré par les accords de Bretton Woods en 1944) peut mettre, par exemple, des ressources temporairement à la disposition des États membres pour corriger les déséquilibres de leurs balances des paiements globales moyennant des garanties adéquates. Ces programmes, mis en œuvre par les pays membres et soutenus par le FMI, visent à coordonner les mesures d’ajustement des déséquilibres économiques conjoncturels et structurels pour assurer une croissance meilleure et équilibrée du point de vue des paiements extérieurs.

haiba1976

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Date d'inscription : 01/04/2014

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